RescueWeb
Le blog RescueWeb

Site internet gratuit pour auto-entrepreneur

Publié le par Fabien Arel

Auto-entrepreneure française installée à sa table de salon le soir, elle crée son site vitrine sur son ordinateur portable

Combien de soirées avez-vous déjà passées à chercher un site internet gratuit pour auto-entrepreneur ? Vous avez ouvert trois comptes, testé deux modèles, et vous avez arrêté au moment où l'outil a demandé une carte bancaire pour retirer sa publicité. La question n'est pas de savoir si le gratuit existe. Il existe, et il est parfois très bien fait. La vraie question est de savoir ce que chaque offre prend en échange, parce que rien de ce qui tourne sur un serveur ne coûte zéro à celui qui l'héberge. Notre guide sur le site internet gratuit pour artisan traite le même sujet côté bâtiment. Celui-ci s'adresse aux indépendants qui démarrent seuls : graphistes, consultants, praticiens, prestataires de services. Voici ce que contient réellement chaque famille d'offres, et ce que la loi exige de votre page une fois qu'elle est en ligne.

Un site internet gratuit pour auto-entrepreneur, ça existe vraiment ?

Oui. Trois familles d'offres permettent de publier une vitrine sans payer : les constructeurs en libre-service, les pages d'annuaire ou de plateforme métier, et les vitrines produites par une agence en échange de contreparties. Toutes publient réellement une page accessible. Aucune ne donne les mêmes choses.

Le premier groupe est le plus connu. Vous créez un compte, vous choisissez un modèle, vous remplissez vous-même. C'est gratuit tant que vous acceptez l'adresse imposée et le bandeau de l'éditeur. Le deuxième groupe regroupe les fiches de plateformes de réservation et les annuaires professionnels. Ce ne sont pas des sites, ce sont des pages dans la maison de quelqu'un d'autre, et vous y êtes affiché à côté de vos concurrents.

Le troisième groupe est plus rare. Une agence produit la vitrine à ses frais et se rémunère plus tard, si vous décidez de rester. C'est le modèle que nous appliquons. Il a un défaut évident : le nombre de sites produits chaque mois est limité par le temps humain disponible. Il a un avantage tout aussi net : personne ne vous demande de rédiger vos textes vous-même.

Ce que le gratuit vous retire, famille par famille

Un outil gratuit ne vous fait pas la charité. Il finance son serveur autrement : par la publicité affichée sur votre page, par la vente de la version payante, ou par la donnée que votre trafic lui rapporte. Savoir laquelle des trois s'applique évite les mauvaises surprises au sixième mois.

Les constructeurs en libre-service

Ils vous donnent un éditeur visuel et des modèles. Ils retiennent trois choses, presque toujours les mêmes. Votre adresse contient le nom de l'éditeur, sous la forme d'un sous-domaine. Un bandeau ou un encart publicitaire s'affiche sur vos pages. Le petit logo de l'onglet, le favicon, reste celui de la plateforme. Ces trois points se retirent en passant à l'offre payante, jamais avant. Le plus connu de ces constructeurs illustre bien le mécanisme, et nous avons chiffré les limites du forfait gratuit de Wix une par une.

Le coût réel n'est pas là. Il est dans votre temps. Vous fournissez les textes, les photos, la structure et les réglages mobiles. Un indépendant qui monte sa première vitrine y passe une dizaine de soirées, et la rédaction est la partie qui bloque tout le monde. Nous reprenons régulièrement des sites abandonnés à mi-chemin, avec la page d'accueil finie et la page contact restée sur le texte d'exemple du modèle.

Les fiches de plateforme et les annuaires

Une fiche est immédiate et souvent efficace pour les premiers clients. Elle pose un problème de fond : vous ne maîtrisez ni la mise en page, ni les concurrents affichés à côté de vous, ni la commission. Et le jour où la plateforme change ses règles, vous n'avez aucun recours. Une consultante en organisation nous a écrit après avoir vu sa fiche déclassée du jour au lendemain. Elle n'avait aucune adresse à elle vers laquelle rediriger ses clients.

Les vitrines offertes par une agence

La contrepartie est différente : ce n'est ni votre temps ni de la publicité, c'est un périmètre volontairement réduit. Chez nous, trois photos, quatre prestations, la commune du siège, un badge visible et une page non indexée. Le détail complet est plus bas, et nous ne le cachons pas en note de bas de page.

FamilleCe que vous fournissezCe qui est retiré
Constructeur en libre-serviceTextes, photos, mise en page, une dizaine de soiréesAdresse en sous-domaine, publicité, favicon imposé
Fiche de plateforme ou annuaireVos informations, parfois une commissionMaîtrise de la page, exclusivité, contrôle de l'adresse
Vitrine offerte par une agenceUn formulaire et vos photosPérimètre réduit, indexation Google, personnalisation
Un indépendant montre à sa cliente la page de présentation de son activité sur son smartphone, dans son atelier

Si écrire vos textes vous a déjà fait reculer deux fois, c'est exactement ce que nous prenons en charge : demandez votre vitrine offerte et vous recevrez une page rédigée, mise en ligne et lisible sur mobile. Le formulaire prend cinq minutes, et il n'y a pas de carte bancaire à saisir.

Ce que le site d'un auto-entrepreneur doit obligatoirement afficher

Voici le point qu'aucun comparatif d'outils ne traite. Publier un site vous fait entrer dans une obligation légale d'identification. Elle ne dépend ni de l'outil utilisé, ni du fait que le site soit gratuit, ni du fait que vous vendiez en ligne ou non. Une page de présentation accessible au public suffit à la déclencher.

Pour un entrepreneur individuel, la fiche officielle de service-public.gouv.fr sur les mentions du site internet liste ce qui doit figurer : vos nom et prénom accompagnés de la mention « entrepreneur individuel » ou du sigle « EI », votre adresse, votre numéro d'identification, votre email et votre téléphone, ainsi que le nom, l'adresse et le téléphone de votre hébergeur. Si votre activité est réglementée, l'autorité qui vous a délivré votre autorisation doit également être nommée.

Le manquement à cette obligation d'information est puni d'un an d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende. Personne ne court après les auto-entrepreneurs pour ça, et ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est qu'un client qui vérifie une entreprise regarde d'abord si elle est identifiable. Une page sans nom, sans numéro et sans adresse produit exactement l'effet inverse de celui recherché. Le ministère de l'Économie rappelle ces obligations en des termes très proches.

La conséquence pratique est simple. Un constructeur en libre-service ne rédigera jamais ces mentions à votre place : il vous fournit une page vide intitulée « mentions légales » et vous laisse la remplir. Sur nos vitrines offertes, elles sont écrites et publiées d'office, avec les coordonnées de l'hébergeur. C'est un détail administratif qui ne se voit pas, et c'est précisément pour ça qu'il est oublié neuf fois sur dix.

Notre site internet gratuit pour auto-entrepreneur : les limites, sans arrondi

Notre offre gratuite est bridée, volontairement, et ces bridages sont publics. Vous avez droit à trois photos de réalisations et à quatre prestations affichées. La zone couverte est votre commune de siège, pas votre département. Un badge « site offert » reste visible sur la page. Le site est figé après livraison : toute retouche ultérieure est facturée 39 € hors taxe, et ce prix existe pour rendre l'abonnement évident face à une intervention isolée.

Deux limites comptent plus que les autres. La première est le nombre : dix sites par mois, parce que chaque page est construite sur mesure et que notre capacité n'est pas extensible. La seconde est l'indexation. Votre vitrine offerte est publiée en noindex, donc absente des résultats de recherche. Elle est le lien que vous envoyez, pas la page que Google propose à un inconnu. Nous détaillons ce choix et ses conséquences dans l'article sur pourquoi un site gratuit n'apparaît pas sur Google.

Autrement dit, si toute votre activité doit venir de gens qui vous cherchent sur Google sans vous connaître, aucune offre gratuite du marché ne répondra à votre besoin, ni la nôtre ni celle des autres. Il vaut mieux le savoir avant de remplir un formulaire. Ce que le gratuit fait bien, c'est rassurer quelqu'un qui vous a déjà trouvé.

Pour situer l'écart de coût, l'équipement complet d'un indépendant la première année représente environ 1 222 € au prix du marché : 490 € de rédaction et de création, 15 € de nom de domaine, 69 € d'email professionnel, 180 € d'hébergement et de maintenance, 468 € de mises à jour. Notre formule Essentiel revient à 238,80 € hors taxe sur la même période, soit 19,90 € hors taxe par mois avec un engagement de douze mois, ou 24,90 € sans engagement. Le détail complet de ce calcul figure dans notre article sur ce que coûte réellement un site internet, et la grille est publiée sur la page tarifs.

Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur est-il obligé d'avoir un site internet ?

Non. Aucun texte n'impose un site internet à un auto-entrepreneur. L'obligation ne naît que si vous en publiez un : à partir de ce moment, il doit porter les mentions légales décrites plus haut. Vous êtes libre de ne rien publier. Vous n'êtes pas libre de publier une page sans identité.

Un site gratuit suffit-il pour être crédible auprès d'un client ?

Dans un cas précis, oui : quand le client vous a déjà trouvé et cherche à vous vérifier avant d'appeler. Une page propre, avec vos prestations, deux ou trois réalisations et vos mentions légales, fait ce travail très bien. Elle ne fait pas le travail d'aller chercher un inconnu dans les résultats de recherche.

Faut-il un nom de domaine à son nom quand on démarre ?

Ce n'est pas urgent le premier mois. Ça le devient dès que vous imprimez des cartes de visite ou que vous lancez de la publicité. Un domaine en .fr coûte environ 15 € par an. Le réserver tôt évite de devoir changer d'adresse une fois qu'elle circule déjà chez vos clients.

Combien de temps faut-il pour faire soi-même son site ?

Comptez une dizaine de soirées pour une première version présentable avec un constructeur en ligne. Le choix du modèle prend une heure. La rédaction des textes prend le reste, et c'est la partie que personne n'anticipe. Le tri des photos, les réglages mobiles et les mentions légales occupent les dernières soirées.

Que devient un site gratuit si l'éditeur ferme ?

Votre adresse disparaît avec lui, puisqu'elle est un sous-domaine de l'éditeur. Vos contenus sont récupérables si vous en avez gardé une copie de votre côté. Votre historique, lui, ne l'est pas. C'est le meilleur argument en faveur d'un nom de domaine à votre nom dès que l'activité décolle.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

Trois actions concrètes, dans cet ordre. Rassemblez d'abord ce que demandera n'importe quel outil : trois photos correctes de votre travail, la liste de vos quatre prestations principales, et le texte de vos mentions légales avec la mention « EI » et votre numéro d'identification. Cette préparation vous servira quelle que soit la solution retenue.

Testez ensuite un constructeur pendant une soirée, pour voir si la rédaction vous amuse ou vous épuise. La réponse à cette seule question décide de tout le reste. Notre guide sur créer son site internet soi-même chiffre le temps réel que demande chaque étape. Si elle vous épuise, faites-nous parvenir vos éléments et laissez-nous produire la première version. Vous jugerez sur pièce, et vous resterez libre de partir.

FA

Fabien Arel, fondateur de RescueWeb. Dirigeant de TPE en Gironde, ses propres sites tournent tous les jours avant d'être proposés à ses clients.