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Coût d'un site internet sur 3 ans : le calcul complet

Publié le par Fabien Arel

Un menuisier calcule le coût de son site internet sur trois ans à l'établi, carnet de chiffres et ordinateur portable devant lui

Combien vous aura coûté votre site internet le jour de son troisième anniversaire ? Presque personne ne pose la question dans ces termes, et c'est pourtant le seul chiffre qui compte. Le coût d'un site internet sur 3 ans n'est ni le montant du devis, ni la mensualité affichée sur la plaquette. C'est la somme de ce que vous payez au départ, de ce qui revient chaque mois, de ce qui se rajoute en cours de route, et de ce que vous devrez verser pour partir. Nous lisons chaque semaine des contrats que des artisans nous envoient avant de résilier. L'écart entre le prix annoncé et le total réellement versé nous surprend encore. Si vous cherchez d'abord l'ordre de grandeur d'un projet neuf, notre guide sur combien coûte un site internet pour un artisan pose la grille générale. Cet article fait autre chose : il déroule trente-six mois, poste par poste.

Combien coûte vraiment un site internet sur 3 ans ?

Sur trois ans, une vitrine de TPE coûte entre 1 076 € et 18 600 € selon le modèle choisi. Une plateforme en libre-service tourne autour de 1 076 €. Une création confiée à un indépendant, frais courants réintégrés, revient à 2 686 €. Une prestation d'agence avec accompagnement va de 4 080 € à 18 600 €. Un abonnement sur mesure coûte 716,40 € HT.

Cet écart de un à dix-sept ne mesure pas la qualité du site. Il mesure surtout la quantité de travail humain que vous achetez, et la durée pendant laquelle vous restez lié. Deux sites visuellement identiques peuvent tenir aux deux extrémités de cette fourchette. C'est déroutant, et c'est la raison pour laquelle comparer des devis à la page ne mène nulle part.

Trois ans est la bonne durée de comparaison pour une raison simple. C'est la durée de vie moyenne d'une vitrine avant refonte, et c'est aussi l'horizon sur lequel la plupart des contrats du marché vous engagent. Raisonner sur douze mois avantage mécaniquement les offres à engagement long, puisque leur coût de sortie n'apparaît jamais. Raisonner sur cinq ans avantage l'achat, puisque le site aura vieilli sans que personne ne le compte. Trente-six mois est le point où les modèles deviennent comparables.

Une précision avant d'aller plus loin. RescueWeb vend un abonnement. Nous avons donc intérêt à ce que ce calcul nous soit favorable, et nous dirons plus bas à quel moment il ne l'est pas.

Quels sont les quatre moments où la facture change ?

Un budget de site internet ne s'étale pas régulièrement. Il se concentre sur quatre rendez-vous, dont trois n'apparaissent sur aucun devis. Les repérer suffit souvent à changer la décision.

Mois 1 : ce que le devis montre, et ce qu'il laisse dehors

Le premier mois est le seul que tout le monde chiffre. Un devis annonce la conception, l'intégration et la mise en ligne. Il oublie régulièrement quatre postes qui reviennent pourtant à votre charge : la rédaction des textes, les photos, le nom de domaine et la messagerie professionnelle.

Notre relevé de l'empilement réel, aux prix du marché, donne 490 € de rédaction et de création, 15 € par an de nom de domaine, 69 € par an de messagerie professionnelle, 180 € par an d'hébergement et de maintenance, et 468 € par an de mises à jour. Soit 1 222 € la première année. Un devis à 900 € qui laisse ces lignes dehors n'est pas moins cher, il est incomplet. Nous détaillons chacun de ces postes dans notre inventaire des coûts cachés d'un site internet.

Mois 13 : la reconduction, puis la première hausse

Le treizième mois est le plus coûteux du lot, et il ne se voit pas. Un engagement de douze mois se reconduit tacitement, souvent pour la même durée. La fenêtre pour dire non se referme un à trois mois avant l'échéance, et rien ne vous le rappelle.

L'article L215-1 du code de la consommation oblige le prestataire à informer son client de cette échéance, par lettre ou par courriel dédiés. Le texte publié sur Légifrance vise le consommateur. En tant que professionnel qui achète un site pour son activité, vous n'en bénéficiez pas. Personne n'est tenu de vous prévenir. C'est la première asymétrie à connaître.

La hausse arrive souvent au même moment. Une mensualité d'appel remonte au tarif catalogue, ou une option jusque là offerte devient payante. Sur trente-six mois, cinq euros de plus par mois à partir du treizième pèsent 120 €. Demandez donc par écrit le prix de la treizième mensualité, pas seulement celui de la première.

Mois 24 puis mois 36 : l'usure, ensuite la sortie

Au vingt-quatrième mois, ce n'est plus le prix qui bouge, c'est le contenu. Vos prestations ont évolué, vos photos datent, votre zone d'intervention s'est élargie. Un site que personne ne met à jour perd son intérêt sans jamais tomber en panne. Ce coût est invisible en comptabilité, il se lit dans le nombre d'appels reçus.

Le trente-sixième mois est celui de la sortie, et c'est le poste que personne ne chiffre. Sur un abonnement résiliable, il vaut un préavis de trente jours. Sur un engagement de quarante-huit mois adossé à un organisme de financement, il vaut le solde des loyers, soit douze mensualités exigibles d'un coup. Nous détaillons ce montage dans notre article sur le contrat de site internet sur 48 mois. Un artisan qui découvre cette clause au trente-sixième mois découvre aussi que son budget de trois ans en couvrait quatre.

Une artisane plombière relit la clause de préavis de son contrat de site internet avant la fin des trois ans

Il existe une façon d'évaluer tout cela sans engager un euro : nous publions gratuitement une première version de votre vitrine, et la demande prend cinq minutes. La suite de cet article chiffre les cinq modèles sur trente-six mois, puis dit ce que ce calcul ne couvre pas.

Que coûte le même site dans cinq scénarios sur 36 mois ?

Voici une vitrine de six pages pour une entreprise de deux personnes, passée dans les cinq modèles que rencontre réellement une TPE française. Les montants viennent de notre relevé des pages tarifaires du secteur, mené le 1er août 2026, et de notre propre grille. Tous les totaux incluent l'hébergement, le nom de domaine et la maintenance sur les trois années.

Coût sur trente-six mois d'une vitrine de six pages pour une entreprise de deux personnes, hors taxes.
ModèlePremière annéeTotal sur 36 moisCe qui vous reste à la fin
Plateforme en libre-service, domaine compris358,80 €1 076,40 €Vos textes et vos photos. Le gabarit reste chez l'éditeur
Création chez un indépendant, frais courants réintégrés1 222 €2 686 €Le domaine et les fichiers, si le contrat le prévoit
Agence avec accompagnement et maintenance3 360 à 16 200 €4 080 à 18 600 €Variable. Cela dépend de la clause de propriété
Contrat de 48 mois adossé à un financement2 892 à 4 440 €6 996 à 10 560 €Rien, et douze mensualités restent dues
Abonnement sur mesure, formule Essentiel238,80 €716,40 €Le nom de domaine, enregistré à votre nom

La ligne agence recoupe le comparatif établi dans notre étude du marché français, qui situait ce modèle entre 4 000 et 17 200 € sur trois ans. Notre grille complète figure sur notre page tarifs, et le détail des quatre grandes familles de prix dans notre comparatif des modèles de prix.

Regardez la quatrième colonne plutôt que la troisième. Le modèle à 1 076 € et le modèle à 10 560 € vous laissent tous les deux les mains vides. Le total versé ne dit rien de ce que vous possédez. Si cette question vous occupe davantage que le montant, notre article sur l'abonnement face à l'achat la traite en entier.

Que ne dit pas ce calcul sur trois ans ?

Un total sur trois ans a trois angles morts, et il serait malhonnête de les taire.

Il ne mesure pas le retour. Un site à 2 686 € qui apporte deux chantiers par an vaut mieux qu'un site à 716 € qui n'apporte rien. Nous ne savons pas prédire ce chiffre, personne ne le sait, et une agence qui vous l'annonce vend autre chose que du conseil.

Il ne dit rien du traitement comptable. Selon votre exercice, la même dépense peut être passée en charge ou immobilisée puis amortie. Le ministère de l'Économie rappelle les conditions générales de déduction des charges, et le BOFiP consacre un commentaire aux dépenses de création de site internet. Ce choix appartient à votre comptable, pas à votre prestataire.

Il ne règle pas non plus tout chez nous. Notre version offerte est bridée volontairement : trois photos, quatre prestations, la commune de votre siège, un badge RescueWeb visible en pied de page, et un site figé après livraison. Elle est en noindex, donc elle ne remonte pas dans Google. C'est le lien que vous envoyez, pas la recherche. Une retouche ponctuelle coûte 39 € à l'acte. Nous produisons dix sites offerts par mois, parce que ce sont des heures humaines. Enfin, l'abonnement perd nettement dans un cas : si votre site doit porter une boutique, un module de réservation ou un espace client, le calcul change et l'achat redevient le bon choix.

Questions fréquentes sur le coût d'un site internet sur 3 ans

Combien coûte un site internet la première année ?

Comptez 1 222 € pour une vitrine confiée à un indépendant, une fois réintégrés la rédaction, le nom de domaine, la messagerie professionnelle, l'hébergement et les mises à jour. Une plateforme en libre-service tourne autour de 360 €. Un abonnement sur mesure comme notre formule Essentiel revient à 238,80 € HT sur douze mois. Ces trois montants recouvrent le même livrable, une vitrine de six pages pour une entreprise de deux personnes. L'écart tient au temps humain acheté, pas au nombre de pages. Méfiez-vous du piège de la première année : elle porte les frais de création, donc elle ne préfigure pas les deux suivantes. Sur un modèle d'achat, l'année 2 retombe à 732 €. Sur un abonnement, elle ne bouge pas.

Le coût d'un site internet est-il une charge ou une immobilisation ?

Les deux traitements existent, et le choix vous appartient. Le BOFiP admet que les dépenses de création d'un site internet soient inscrites à l'actif puis amorties, ou déduites immédiatement du résultat. Cette décision est prise site par site et engage l'entreprise. Concrètement, l'immobilisation étale la charge sur la durée d'utilisation prévue, souvent trois ans pour une vitrine. La déduction immédiate pèse en une fois sur l'exercice de création. Un abonnement mensuel ne pose pas la question, il constitue une charge d'exploitation courante, comme un loyer. Votre comptable tranchera au vu de votre résultat de l'exercice, et cet arbitrage n'appartient jamais à votre prestataire.

Pourquoi faut-il refaire son site au bout de trois ans ?

Trois ans est la durée moyenne avant refonte d'une vitrine de TPE. Ce n'est pas la technique qui lâche, ce sont les contenus. Les prestations ont changé, les photos datent, la zone d'intervention s'est élargie. Un site figé pendant trois ans travaille contre vous plutôt que pour vous. Le signal se lit rarement dans une panne, il se lit dans le nombre d'appels reçus. Une refonte complète n'est pourtant pas toujours nécessaire. Sur les sites que nous suivons, une mise à jour mensuelle des textes et des photos repousse largement cette échéance. C'est précisément la ligne « mises à jour » à 468 € par an que beaucoup de devis laissent de côté.

Combien coûte la sortie d'un contrat de site internet ?

Le poste va de zéro à plusieurs milliers d'euros. Sur un abonnement sans engagement, la sortie coûte un préavis de trente jours. Sur un contrat de location financière de quarante-huit mois résilié au trente-sixième, l'organisme réclame le solde des loyers, soit douze mensualités d'un coup. À 171 € par mois, cela représente 2 052 € versés pour un site que vous quittez. S'ajoutent parfois le transfert du nom de domaine et la restitution des contenus, facturés à part. Certains contrats du marché imposent en outre un préavis de trois à quatre mois en lettre recommandée. Lisez cette clause avant de signer, elle décide d'une part importante de votre budget sur trois ans.

Un petit prix mensuel revient-il vraiment moins cher sur trois ans ?

Pas toujours, et c'est le piège de ce calcul. Une offre à 29,90 € par mois pèse 1 076,40 € sur trente-six mois, davantage qu'un abonnement à 19,90 €. La question utile n'est pas le montant mensuel, c'est ce que le total achète et ce qui vous reste à la fin. Vérifiez trois choses avant de comparer deux mensualités. La première est ce que le prix inclut vraiment, nom de domaine, messagerie professionnelle et mises à jour comprises. La deuxième est la durée d'engagement, qui rend un tarif bas beaucoup moins souple. La troisième est le tarif appliqué après la période d'appel. Deux offres au même prix affiché peuvent finir à mille euros d'écart.

Quelles lignes faut-il chiffrer avant de signer ?

Reprenez le devis ou le contrat que vous avez sur votre bureau, et écrivez trois nombres dans la marge.

Le premier est le total versé au trente-sixième mois, frais de création compris et mensualités additionnées. Le deuxième est le prix de la treizième mensualité, celui d'après la période d'appel. Le troisième est le montant exigible si vous partez au trente-sixième mois. Si votre interlocuteur ne peut pas vous donner ces trois nombres par écrit dans la journée, vous savez déjà ce que vaut le reste de sa proposition.

FA

Fabien Arel, fondateur de RescueWeb. Dirigeant de TPE en Gironde, ses propres sites tournent tous les jours avant d'être proposés à ses clients.